Un épisode de la bataille des frontières
Le COMBAT du 17e CORPS D’ARMEE à BERTRIX
le 22 août 1914

 

  Mr Cammarata a eu l’extrême amabilité de proposer aux lecteurs de memoire82.fr  l’intégralité de son mémoire Master II d’histoire  et patrimoine axé sur les combats du 17e Corps à Bertrix.

Qu’il en soit vivement remercié.

Le lien pour charger le Mémoire au format pdf  ici.

Fichier 4Mo.

 


Extrait:

      Le 22 août 1914, aux premières heures du matin, la 4e Armée française se lançait à l’assaut du flanc intérieur des armées allemandes en marche à travers la Belgique sur le difficile terrain de l’Ardenne. Elle y subit un terrible échec. En ce début de guerre les autorités militaires se montrèrent d’une grande discrétion sur cette défaite. Le communiqué officiel du 25 août 914 décrit ainsi très laconiquement ces événements : « A l’Est de la Meuse nos troupes se sont portées en avant à travers un pays des plus difficiles. Vigoureusement attaquées au débouché des bois elles ont du se replier, après avoir combattu, au Sud de la Semois [1].

Il a paru intéressant d’examiner cette affaire par l’étude du combat mené par le 17e corps d’armée dans la région de Bertrix dans le Luxembourg belge et de voir en quoi elle était ou non représentative des méthodes de combat de l’armée française en ce début de guerre. En effet, parmi les corps d’armée qui ont participé à cette attaque le corps colonial à Rossignol et le 17e corps d’armée à proximité de Bertrix ont subi les plus fortes pertes. Si, peut-être en raison de l’aura qui a entouré les troupes coloniales, les combats de Rossignol, Ethe et Virton ont été largement décrits et étudiés[2], il n’en a pas été de même pour le combat du 17e corps autour de Bertrix et en forêt de Luchy même si quelques études très générales[3]  ont été faites.

Ces combats sont restés assez largement méconnus. Par exemple, la majorité des familles des soldats victimes des combats et les populations des régions dont ces soldats étaient originaires ont confondu et confondent encore cette bataille avec celle de Charleroi livrée les 22 et 23 août 1914 à une centaine de kilomètres de là et plus à l’ouest. Même en 1957, la veuve du colonel Huc, commandant d’une des brigades du 17e corps mortellement blessé au soir du 22 août au sud de Bertrix, écrivait dans une correspondance administrative adressée au ministre de la Défense: «  mon mari blessé à Charleroi, est décédé le 6 septembre 1914 à Bertrix où il avait été transporté..[4] ».

La question essentielle qu’il convient de se poser est : cette attaque correspondait-elle à une vision stratégique adéquate soutenue par une doctrine adaptée ?



[1]                Le Matin édition du 26 août 1914.

[2]              CORDONNIER Général « A la droite de la 4e armée française le 22 août 1914 », article dans la Revue militaire française, n°11 du 1er mai 1922 (page 159).

                GARROS Louis Conférence sur le combat du corps colonial, faite au cercle militaire de Rouen le 25 juin 1929 Publiée par l’association des officiers de réserve, en retraite et honoraires de Rouen 1929.

                LAURENS Cdt, Récit du combat de Rossignol, Avenir du Luxembourg (quotidien d’Arlon) 1921.

[3]              PUGENS Lt-Cl La bataille des Ardennes du 22 août 1914, sa genèse, document dactylographié, Ecole supérieure de guerre 1928.

[4]              SHD dossier cote 9 .Yd 522, Dossier administratif personnel du colonel Huc.